Noël chez la famille B

Il y a autant de façons de fêter Noël que de familles. Aperçu de nos habitudes familiales, mélanges d’héritages de notre enfance et d’accords tacites qui en disent beaucoup sur nous.

1. Le sapin

Chez nous, le sapin est synthétique. Quand j’étais enfant, mes parents en choisissaient un naturel, qui embaumait la maison, et cette odeur si particulière et si reliée à Noël me mettait en joie en rentrant de l’école. Un jour, mon père est revenu avec un sapin synthétique. J’étais dépitée. Et nous n’y avons plus jamais dérogé, sans que je sache vraiment pourquoi.

Cette année, nous avons mis tellement de temps à déplier chacune de nos branches en plastique que j’ai revendiqué l’achat d’un sapin naturel en 2018. Rendez-vous dans un an pour voir ce qu’il sera advenu de ce souhait!

Nous ne renouvelons pas la décoration tous les ans, par souci d’économie et d’écologie, mais aussi parce que les boules et les guirlandes ont toujours eu une valeur sentimentale pour moi, chaque année, c’est un plaisir de retrouver chaque objet comme faisant partie d’un patrimoine familial. Tous les ans, nos filles enrichissent notre collection en choisissant chacune une nouvelle boule. Rien n’est assorti, c’est un joyeux bordel, mais j’aime ça.

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2. Pas de place pour la religion

Enfant, nous installions religieusement notre crèche. Ce fut longtemps un bonheur de la retrouver. Les personnages perdaient peu à peu de leur couleur et de leur lustre, et comme en miroir, l’aménagement perdait peu à peu de son sens. Aujourd’hui, entre une maman athée et un papa musulman, vous vous en doutez, nulle place à la religion à la maison en période de Noël, et donc pas de crèche, même si nos filles connaissent déjà l’histoire de la naissance de Jésus (culture, culture!).

3. Pas de belle-famille en jeu

Noël chez la famille B, c’est simplissime. Pas de couples divorcés ni séparés, pas de famille recomposée, pas de famille vivant à plus de 250 kilomètres, une belle-famille qui ne fête pas Noël. Résultat: c’est toujours « de mon côté », et jamais très loin. C’est extrêmement reposant. Mes beaux-parents offrent un petit cadeau aux filles mais il n’y a aucun repas ni aucune fête qui l’accompagne. Et vu qu’Hamid a 4 frères et sœurs, c’est aussi vachement économique!

4. Petit comité

Noël c’est en famille très restreinte: mes parents, mon frère, ma sœur et leurs enfants. Pas de cousins-cousines, sauf une cousine dont je suis plus proche, mais ce n’est pas systématique, suivant l’endroit où nous fêtons Noël.

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5. On partage les frais

Chez nous, quelque soit la personne qui reçoit, chacun participe aux frais: champagne et vins, dessert, fromage, repas, on se répartit ce qu’on apporte et on partage les coûts. Et on s’arrange toujours pour que personne ne reste bloqué en cuisine. Le traiteur est devenu notre meilleur ami depuis de longues années.

6. Un cadeau par personne et par enfant

Chaque couple offre un seul cadeau par enfant. Les enfants reçoivent donc 3 à 4 cadeaux maximum chacun. Et c’est largement suffisant, d’autant que les filles sont toutes nées en janvier ou février et voient leur anniversaire se profiler très rapidement.

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7. En commun pour les adultes

Pour les adultes, nous n’offrons pas de petits cadeaux mais mettons tous en commun pour offrir des présents plus importants et plus pérennes: meubles, décorations,  participation à un voyage. Chacun détaille ses envies du moment et chacun participe à la hauteur de ses moyens. Jamais de gâchis ou de loupé, et des cadeaux qui restent très longtemps dans nos vies ou dans nos cœurs.

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8. Mon souhait pour les années futures

J’aimerais réussir à offrir ou faire offrir à mes enfants autre chose que des jouets ou du matériel. Abonnements, nous faisons déjà, mais j’affectionne l’idée de pouvoir offrir du « temps » à mes enfants. Temps de qualité, temps différent, temps enrichissant, tous ensemble, avec un seul parent, avec les deux, avec les soeurs ou en mode enfant unique, pour prendre du plaisir autrement que par le jeu: spectacles, activités, évènements, sorties…

Et chez vous, comment fête-t-on Noël? 

En photo: créations de nos filles ou souvenirs particuliers qui font de notre sapin, un sapin imparfait mais à notre image!

Lettre à ma psy

Peut-on devenir ami(e) avec son (ex) praticien?
Ce matin, je vais donner, la mort dans l’âme, une lettre à ma psy. Je lui dis au revoir et pas adieu.

Depuis le début, je sentais qu’on allait en arriver là. J’ai lutté, j’ai tout fait pour qu’elle reste MA psy, mais de toute évidence, c’était voué à l’échec dans les deux sens.

Pourra-t-elle devenir une amie? Après tout ce que je lui ai confié? Je ne connais quasiment rien d’elle, notre relation est tellement déséquilibrée…

Je prends le risque. Elle ne peut plus, de toute façon, rester ma psy. Alors je n’ai rien à perdre.

Ayons le courage d’oser, et vive la vie et les belles rencontres qu’elle nous offre…

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Choix éducatifs et sexisme: le poids des jouets

L’actualité récente a mis en pleine lumière le sexisme latent dans nos sociétés et la nécessité de lutter contre. On ne peut nier qu’il s’agit d’une prise de conscience salutaire. L’écriture inclusive, les #balancetonporc et autres initiatives, par leur viralité et leur traitement médiatique, nous amènent à prendre du recul et analyser la source du machisme, notamment les différents pans de nos éducations.

Maman de trois filles, je me focaliserai naturellement sur les produits qui leur sont « dédiés », mais ma réflexion est bien entendu transférable au masculin.

Lorsqu’on est parents de fille(s), on se demande parfois: est-ce que mes choix ne sont pas en train d’en faire des cruches hypersensibles et mièvres biberonnées au rose bonbon et qui croiront à 25 ans que le prince charmant existe vraiment?

Lorsqu’on est parents de garçon(s), on se demande sûrement: mes choix ne sont-ils pas en train d’en faire des futurs machos-sexistes finis, mais en même temps, attention, ne suis-je pas en train de trop encourager leur sensibilité et leur côté féminin, et d’en faire des faibles?

Dans ces questionnements légitimes, le jouet occupe une place de choix, révélatrice.

Depuis quelques années, les catalogues de jouets ne mettent plus systématiquement en scène des filles jouant à la poupée et des garçons jouant aux soldats.

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Matins d’Apocalypse

Zoom avec prise de recul sur nos matins école-boulot-nounou. Une sinécure.

Aujourd’hui, avec deux enfants malades sur trois à la maison, nous n’avons eu qu’une fille à préparer pour un départ à 8h10. Et une seule fille à préparer, ça nous a donné l’impression de faire une croisière sur un yacht. On s’est promené tranquillement dans la maison. On s’est échangé de petites vannes. On s’est même dit au revoir avec le sourire en partant. Incroyable. Parce que d’habitude, en partageant les tâches avec le mari, et en ayant préparé le maximum possible la veille au soir, ça donne plutôt ça:

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Du droit à pleurer devant ses enfants

Récemment, j’ai lu sur un site l’interview d’une « coach familiale », qui expliquait que « pleurer devant ses enfants », on pouvait, mais en fait nan pas trop quand-même. Je n’ai pas aimé son point de vue et ses arguments. Je vous explique pourquoi.

Je suis ce qu’on appelle une hypersensible. Je ne pleure pas pour rien. On ne pleure jamais pour rien. Mais les pleurs sont pour moi une façon d’extérioriser toute une palette d’émotions: tristesse, peur, joie, surprise, compassion, pitié, effroi, honte, déception. Ajoutez à cela que dès que je vois quelqu’un pleurer, je pleure, et vous avez un aperçu de toutes les occasions de chialer qui se présentent à moi.

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