Bilan moral et physique 6 mois après l’accouchement

Voilà 6 mois que j’ai accouché de mon 3ème et assurément dernier enfant, et il est clair que je ne suis plus du tout dans le même état d’esprit que pour les aînées. J’ai beaucoup hésité avant de publier cet article car je ne voulais surtout pas verser dans le déballage. N’hésitez pas à me faire part de vos ressentis.

Quand j’étais enceinte, je croyais naïvement que parce que je m’étais bien musclée et entretenue entre mes deux grossesses, j’allais récupérer plus vite et mieux. Grossière erreur. C’était oublier que je menais-là ma troisième croisade et que ce n’est définitivement pas pareil qu’une première, ni même qu’une deuxième en matière de reconquête.

Moralement, aucun regret. Aucune nostalgie de la grossesse. J’ai très peu, pour ne pas dire presque jamais pensé à ma grossesse depuis 6 mois. Pour vous, ce doit être normal, pour moi, c’est une nouveauté. J’ai éprouvé une joie profonde lors de ma dernière soirée où j’ai pu danser et m’éclater comme je le voulais (à la précédente, j’étais enceinte de 8 mois). J’ai ressenti un intense sentiment de légèreté morale et physique, avec la sensation de reprendre le contrôle de moi-même, de redevenir maîtresse de ce corps qui m’a fait éprouver en janvier la plus grande douleur de ma vie. Qui m’a totalement lâchée.
Je recommence à l’aimer. Lentement. Je lui suis reconnaissante d’avoir si bien réagi à mes entraînements et à mes exigences. Je trouve qu’il « me » répond bien. Mais j’ose encore employer le mot chantier pour le décrire.

Il y a le chantier « santé ». Côté périnée, je continue de ne rien lâcher et ce dernier me le rend bien. Je n’ai quasiment plus aucun désagrément. Je vous encourage d’ailleurs vivement à entretenir et muscler ce compagnon de toute une vie. Les effets collatéraux sont…explosivement positifs. Ou positivement explosifs.

Et il y a le chantier « apparence », avec la question de la part du besoin de me sentir bien dans mon corps, et celle de la pression diffuse, ambiante et plus ou moins consciente que je m’impose.

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Elles, elles n’ont pas bougé. Merci mon dieu.

Mon ventre affiche encore 8 centimètres de trop au compteur (mais autant de perdus depuis l’après-accouchement). La peau est encore plissée autour du nombril quand je me penche. C’est assez immonde. On dirait que j’ai 90 ans. Du coup je me penche le moins possible quand je suis déshabillée, histoire de ne pas trop m’auto-dégoûter. Mais ça ne pend plus quand je suis allongée sur le côté. Je fais des abdos hypopressifs tous les jours et continue la ceinture. C’est le plus gros poste de travaux.

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Ça, c’est mon corps vu de près. Cette peau en surplus, je ne vous dirai jamais que « c’est la trace de la vie, du bonheur, de l’histoire de ma maternité… ». C’est infâme n’est-ce pas? Ça ne devrait même pas exister. C’est réversible, au moins, rassurez-moi?!

Je cumule deux kilos qui refusent obstinément de s’en aller, malgré une alimentation identique. Je ne chercherai pas à les perdre. Pour l’instant, je ne rentre que dans 1/4 de mes pantalons, mais il n’y a que le ventre qui bloque. J’en déduis donc qu’en fait, je n’ai pas grossi.

Globalement je me sens encore plus moche que belle. Je ne me sens pas désirable en tout cas, bien qu’Hamid ne cesse de me rassurer sur le sujet. Le fossé est encore trop grand entre le corps que j’avais il y a un an et celui que je dois à la fois remodeler et accepter aujourd’hui.

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Ça c’est mon corps vu de loin. Et dans une position neutre. Ça va. Mais ce que vous ne saviez pas, c’est que j’ai rogné la photo. Faut pas abuser non plus.

Plus le temps passe, et plus une chose est certaine, sûre, nette, claire et précise: les grossesses et les bébés, c’est fini. Je ne me sentirais jamais le courage de débuter une énième réparation de mon corps. D’éprouver une nouvelle fois toute cette violence physique. Je sais par ailleurs que matériellement,
psychologiquement et temporellement, trois enfants est le maximum que je /qu’on puisse assumer.

Et cette évidence tranquille, ce deuil qui ne dit pas son nom agissent sur mon esprit comme un baume bienfaisant, qui me fait me sentir à ma place en tant que mère et en tant que femme. Six mois après l’accouchement, je trouve que le bilan est plutôt prometteur.

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Oui, oui, la même insulte que vous me vient à l’esprit quand je regarde cette photo. 

Sur le sujet du corps après la maternité et la pression sociétale plus ou moins inconsciente qui pèse sur les mamans, je vous invite à lire cet excellent article d’un sociologue sur le phénomème des « fit mom » et l’hypercontrôle du corps des mères:
http://m.leplus.nouvelobs.com/contribution/957594-a.html

8 réflexions sur “Bilan moral et physique 6 mois après l’accouchement

  1. Cat dit :

    C’est vrai que c’est dur de « récupérer » son corps après une grossesse alors trois !!!;) mais je trouve que tu fais ça à merveille et je suis complètement d’accord avec Hamid! Tu es superbe ! et hauts les cœurs tu n as pas ces magnifiques verget…. ;)))

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  2. Adeline dit :

    C’est vrai que c’est dur, de réapprendre à s’aimer, après ce grand chamboulement physique. J’ai récemment dis à mon mari que je me comparais à un kangourou. Depuis ma première grossesse, j’ai une poche ventrale, qui ne se résorbe pas… la faute à une peau pas élastique, parcourue de zebrures. De la bouche de ma dermato, «j’ai rarement vu ça… mais à part un lifting du ventre… je vois pas.» c’est d’autant plus dur que dans mon cas, il n’y a qu’enceinte que je me sens désirable et femme, galvanisée par «le pouvoir de la maternité», je rayonne. Actuellement, mon aura ressemble plus à la lumière faiblarde du frigo… mais en six ans, j’ai évolué : je focalise davantage sur ce que j’aime chez moi. Et j’ai acheté une culotte gainante! (Me trouver pas trop mal en étant habillée est déjà une belle progression!) Le pire c’est celles qui te diront que tes défauts, il n’y a que toi qui les vois, car justement, tu les vois et ça te mine. Bon courage dans la réappropriation de toi, même si tu as déjà fait un sacré bout de chemin. 😉

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    • lafamillebblog dit :

      Merci pour ton commentaire!
      Je te rejoins complètement sur le côté désirable enceinte. Enceinte je me sens une vraie bombasse j’ai des seins de fou 😍 Bon, c’est fini…d’accord aussi avec toi sur le fait que chacune d’entre-nous va se focaliser sur un défaut en particulier, complètement différent de celui de la copine/voisine et donc différemment accepté aussi. Je t’encourage moi aussi à continuer sur la voie de l’indulgence, peut importe si c’est habillée ou nue, pourvu qu’on se trouve un peu belle!

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  3. Ariane dit :

    J’espère qu’à l’avenir, tout cela sera derrière toi. La perception de soi-même est très relative et varie selon les phases de la vie. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes toutes hyper jalouses de ton corps avant ET maintenant !

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  4. Marine N dit :

    merci pour le lien que tu as mis dans ton article, très intéressant.
    Ton bilan à l’issu des 6 mois est plutôt positif; tant sur le plan physique que moral…ce n’est pas toujours simple je trouve en effet d’être indulgente avec son corps et de ne pas focaliser sur un défaut. Moi il y a des hauts et des bas mais en général je suis dur avec mon corps…et comme le corps et l’esprit sont reliés…pas simple

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