Comment je suis devenue accro au blog

J’ai bientôt 10 ans de blogging derrière moi. Oui, oui, on dirait pas. Mon premier blog date de 2008. C’était artisanal, peu ambitieux, très circonscrit, mais de site en site, de lectorat retrouvé en lectorat élargi, ça fait bientôt une décennie que j’écris sur la toile mes joies et mes peines, avec quelques périodes d’interruption.

De mon premier blog, en 2008, j’ai gagné une amitié qui court toujours aujourd’hui.

De mon premier blog grossesse, en 2010, des lectrices fidèles qui lisent encore mes lignes actuelles.

Mon dernier blog, je suis en train d’en devenir accro. Et je sais pourquoi.

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Contrairement aux blogs traitant de mes grossesses, le dernier né aborde mon quotidien et son déroulement, qui ne suffisent pas pour créer d’eux-mêmes des sujets. Une grossesse, c’est un évènement, avec son lot d’imprévus, d’émotions, de questionnements, qui sont autant de sujets potentiels qui nous tendent les bras.

Ce blog, c’est un blog du quotidien, de la routine, de l’habitude, et ma vie de tous les jours, comme la vôtre je suppose, peut avoir une fâcheuse tendance à devenir légèrement ou profondément ennuyeuse, répétitive et peu palpitante.

Je suis donc challengée par la nécessité de trouver des sujets à traiter. Pas trouver pour trouver. Non. Traiter de sujets qui me touchent, m’interrogent vraiment. Parfois, ce sont des sujets auxquels je pense depuis des mois, qui sont en gestation et que je me décide un jour à mettre en mots. D’autres fois, c’est une anedocte de la journée qui va créer de la matière. Une discussion avec un proche. Un sujet d’actualité. Un article lu sur un autre site. Pour aborder certains sujets moins légers, je lis des articles, des recherches, des études. Comme de nombreux blogueurs, j’ai quelques sujets pré-rédigés en stock en cas de trou noir/page blanche.

L’autre challenge est de créer un « univers », en restant moi-même. Que mon style ne varie pas trop d’un article à l’autre, même s’il traite de sujets parfois à l’opposé les uns des autres. Que les gens puissent m’y reconnaître à des travers des expressions, des raisonnements, des prises de positions, et s’y reconnaître aussi.

Une idée jaillit. J’écris. Dans les salles d’attente. À la pause du midi. Entre deux conduites. J’écris très vite.  Mais je me relis et je retravaille mes articles des dizaines de fois (pardonnez-moi donc si des fautes d’orthographe peuvent subsister). Je change parfois juste une virgule. Rarement, j’abandonne.

Ensuite, je laisse souvent mon article « reposer » un peu. Entre-temps, je cherche des mots-clés. Des illustrations. J’en fais un résumé. Je travaille la mise en page.

Puis je reviens une nouvelle fois sur mon article. Je pense à vous. Je me demande si je pourrais vous choquer, vous toucher, vous séduire, vous déplaire, vous faire rire, réagir, avec mes mots. Je continue à retravailler, à enlever, rajouter, déplacer.

C’est prêt. Vous aurez remarqué que désormais, je publie souvent le jeudi. C’est mon jour « off », sans enfants. Je prépare mon annonce sur Facebook et Twitter. Et je publie. J’adore ce moment un peu particulier où j’appuie sur la touche et me demande si je ne suis pas en train de faire une bêtise, comment mes écrits vont être reçus, perçus. Car écrire publiquement, c’est se mettre en danger.

Puis viennent vos lectures. Vos réactions. Les réactions immédiates. Et celles qui s’égrainent de jours en jours, de semaines en semaines, et qui font que je deviens complètement accro: une petite notification par-ci, un petit tweet par-là, un petit mail surprise dans ma boîte, sont autant de petits fils qui se tissent entre vous et moi et qui égayent, animent, et font rebondir mes journées. Parfois, les réactions sont différentes de celles que j’attendais. Parfois, un article me surprend par son succès, d’autres fois c’est l’inverse. Dans tous les cas, ça m’amène à réfléchir, rebondir, réagir, me remettre en question, prendre du recul: légitimité, intérêt sont des interrogations qui suivent chacune de mes tentatives.

Je pense notamment au mail de Sibylle, que j’ai lu en pleine sieste à l’école, en plein milieu d’un conflit entre collègues, j’étais déprimée, je l’avais raté ce mail, il s’était perdu dans ma boîte, et puis je l’ai découvert, ouvert, je l’ai lu, j’ai vu et compris que des gens que je connais, que je connaissais, que je ne connais pas, que je n’ai pas vus depuis 15 ans, me lisent, m’écrivent, prennent sur leur temps personnel pour échanger avec moi. Et je me suis dit que finalement, peu importait le nombre de gens qui me lisent et me suivent. Je sais maintenant que vous êtes là, présents, fidèles, et que ce que j’écris a de la valeur. 

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Je vous l’accorde, les gens qui trouvent ça nul ne m’écrivent rien…mais tous ces encouragements, que c’est BON de les lire et de les savourer! Je vous serre virtuellement sur mon coeur…et j’y retourne!!

 

 

17 réflexions sur “Comment je suis devenue accro au blog

  1. Charline dit :

    Livia, quel talent!!!
    Vraiment c’est génial.. Mon petit bonheur ce blog, je savoure chaque article…
    C’est tellement travaillé, tellement actuel.. Mes mots se mélangent, je sais même plus comment te le dire!
    Love

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  2. Adeline dit :

    On te fait du bien, tu nous fais du bien. Internet, c’est plutôt chouette! Tu nous permets d’ouvrir la fenêtre de chez toi, la moindre des choses que l’on puisse faire, c’est te dire merci 😉.

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    • LafamilleB dit :

      Internet, c’est carrément chouette, même! Après il faut savoir mettre des limites temporelles car ça peut facilement engloutir…Merci à toi aussi pour ta présence et tes réactions régulières 👌🏻

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  3. Quatre enfants dit :

    J’ai exactement la même approche que toi pour l’ecriture de chacun de mes billets. Et chaque petit commentaire, je le savoure comme un mentos :). Le challenge de transformer les petites aspérités du quotidien en un article qui peut intéresser les lecteurs me plait tout autant, tout comme les échanges certes, virtuels, mais sincères aussi, je le pense vraiment !
    A bientôt

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    • LafamilleB dit :

      Moi j’aurais mis je le savoure comme un carré de chocolat noir 80% 😉
      Pour le reste, exactement le même ressenti, je pense également que les échanges sont sincères car personne n’est dans l’obligation de laisser une trace, le virtuel offre une liberté appréciable pour tous.
      J’avais beaucoup aimé ton article sur les 2 ans de ton blog, une belle perspective sur ton travail 👍🏻

      Aimé par 1 personne

  4. Sib dit :

    ☺️ Grandement flatée d’être citée!
    Et tant mieux si de petits commentaires viennent apporter à l’auteure autant d’effet chocolat noir 80% 😉 que la parution d’un nouvel article pour le lectorat !!
    En découvrant les  « coulisses » des publications, je comprends mieux leur exceptionnelle qualité. Elles paraissent pourtant si faciles et spontanées. La preuve du talent…

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  5. Ariane dit :

    Je suis d’accord, moi aussi je les pensais plus instinctifs et moins travaillés ces posts, ça semble spontané. Mais tu as raison de veiller à l’importance des mots, on peut facilement être mal comprise sur Internet ou en dévoiler trop. Bravo pour ces sujets divers qui nous parlent tant à toutes !

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  6. Ariane dit :

    Ce que j’aime bien aussi, c’est le fait que tu répondes régulièrement à chaque commentaire, cela encourage à commenter, on se dit qu’on ne laisse pas des paroles « dans le vent »…

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  7. PhenixWebArt dit :

    Très touchant…
    Je ne m’étais vraiment jamais arrêté sur votre blog, mais ce récit est touchant et m’a touché.
    Moi aussi j’écris et lis beaucoup, l’art en général est mon domaine de prédilection et la culture ma cheville ouvrière.
    Bravo!!! Je vais commencer à être plus attentif.

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