Choix éducatifs et sexisme: le poids des jouets

L’actualité récente a mis en pleine lumière le sexisme latent dans nos sociétés et la nécessité de lutter contre. On ne peut nier qu’il s’agit d’une prise de conscience salutaire. L’écriture inclusive, les #balancetonporc et autres initiatives, par leur viralité et leur traitement médiatique, nous amènent à prendre du recul et analyser la source du machisme, notamment les différents pans de nos éducations.

Maman de trois filles, je me focaliserai naturellement sur les produits qui leur sont « dédiés », mais ma réflexion est bien entendu transférable au masculin.

Lorsqu’on est parents de fille(s), on se demande parfois: est-ce que mes choix ne sont pas en train d’en faire des cruches hypersensibles et mièvres biberonnées au rose bonbon et qui croiront à 25 ans que le prince charmant existe vraiment?

Lorsqu’on est parents de garçon(s), on se demande sûrement: mes choix ne sont-ils pas en train d’en faire des futurs machos-sexistes finis, mais en même temps, attention, ne suis-je pas en train de trop encourager leur sensibilité et leur côté féminin, et d’en faire des faibles?

Dans ces questionnements légitimes, le jouet occupe une place de choix, révélatrice.

Depuis quelques années, les catalogues de jouets ne mettent plus systématiquement en scène des filles jouant à la poupée et des garçons jouant aux soldats.

Est-ce le reflet d’un changement ambiant? Ou les marques impulsent-elles une dynamique plus égalitaire? Il faut dire que certaines grandes surfaces ont une logique plus que contestable. Qu’on délimite géographiquement les jeux, soit, mais qu’on les regroupe sous des termes génériques ultra-sexués, c’est à mon sens une erreur, et une erreur qui peut avoir du poids.


Enseignante en maternelle, je suis bien placée pour savoir que lorsque les enfants sont tout petits (jusqu’à 5 ans environ) on ne s’offusque pas qu’un garçon joue à la poupée. Ni qu’une fille s’éclate avec un garage (même si mon petit doigt me dit que le premier cas doit davantage déranger que le second). Mais passé cette âge, différents glissements sont à l’œuvre: l’influence des copains, le regard des autres, une plus grande perméabilité aux images et aux discours publicitaires et sociétaux font que les enfants vont progressivement être amenés à adopter les comportements sexués qu’on attend d’eux.

Est-ce une bonne chose? Je n’ai pas de réponse toute faite. Je sais juste que, de même qu’à l’école tous les types de jeux sont mis à disposition des élèves, chaque garçon devrait avoir une poupée à la maison, parce que chaque garçon est autant un potentiel papa que les filles de potentielles mamans. Et chaque fille devrait pouvoir jouer aux voitures ou aux chevaliers si elle en a envie, pour que dès le plus jeune âge, elle intègre que rien ne peut ni ne doit lui être interdit en raison de son sexe.

Depuis que nos filles sont toutes petites, nous veillons à ne pas trop alimenter leurs délires « princesse » et à équilibrer les jeux qu’elles ont à leur disposition. Cela passe aussi par les images que nous leur montrons, les livres que nous leur lisons, et à ce sujet, les Disney mériteraient à eux-seuls un paragraphe entier (et ne suis pas du tout anti-Disney). Je suis par ailleurs férocement et farouchement opposée aux initiatives qui cherchent hypocritement à répartir les histoires en fonction du sexe qu’elles pourraient intéresser.

A tout âge, nous avons offert à nos enfants des cadeaux neutres, des jeux neutres, des livres neutres, des films neutres qu’elles ne voulaient pas forcément acquérir, et qui ne les intéressaient pas au premier abord, mais qui selon nous étaient indispensables. Indispensables sans quoi nous croulerions sous les Disney Princess, les poupées princesses, les Barbie princesses, les playmobil princesses et les Lego princesses (variante: fées).

Il est d’ailleurs totalement édifiant de constater que des marques comme Disney, Playmobil ou Lego ont créé depuis quelques années des collections « Princess », panel qui n’existait absolument pas à mon époque. En 2017, l’environnement dans lequel grandissent mes enfants me semble parfois être plus stéréotypé, cloisonné et sexué qu’il y a 30 ans.

Je suis convaincue que rester circonscrit à ce type de jeu, non seulement construit des représentations stéréotypées des possibilités de jeux et des rôles potentiels dévolus aux filles, mais limite en outre leur imagination et leurs occasions de réalisation personnelle.

Malgré cette vigilance, les goûts de nos filles ont évolué conformément aux standards des jeux de petites filles. Ce qui les fait rêver, ce sont les princesses, les fées, les poupées. Mais nous voulons qu’elles aient le choix de pouvoir s’intéresser à d’autres propositions, rêver et se développer avec d’autres modèles.

À Noël et aux anniversaires, nous respectons en grande partie leur liste très sexuée de petites filles. Mais y glissons systématiquement des cadeaux neutres. Télescope, tapis de voitures, jumelles, déguisement de chevalier, jeux de société « mixtes »…

C’est notre manière de résister. C’est notre manière d’instiller inconsciemment dans l’esprit de nos filles que les choses ne sont pas aussi figées, cataloguées, et dichotomiques qu’on veut nous faire croire. C’est une manière d’éveiller leur esprit critique.

Contrôlez-vous les jouets que vous  proposez à vos enfants? Le critère du stéréotype sexiste est-il important pour vous et pourquoi?

16 réflexions sur “Choix éducatifs et sexisme: le poids des jouets

  1. Amandine dit :

    Alors alors… quel commentaire savant vais je pouvoir mettre?? ^^

    nan, franchement c’est un grand débat mais je serai un peu moins tranchée.

    Si on fait une petite régression, on aura toutes (et tous) des souvenirs de ce qu’on voulait pour nos anniv, noêl etc. Perso, j’étais à fond (vraiment à fond) dans les poupées que je chérissais plus que moi même et pourtant on ne peut pas dire que je sois devenue une mère particulièrement poule, louve et tigre.(il y a quand même un sacré fossé entre les poupées bien sages, qui ne pleurent jamais, qui sentent bon (poupée Corolle oblige), qui ne crie pas quand on les coiffe, … et un vrai bébé!!!Je ne développe pas, je pense que vous voyez de quoi je parle) J’ai rêvé de ces poupées, de jeux de parcours à billes, de POG, de robes de princesses, de disney… Bref d’à peu de tout ça et est ce que ça a eu une méga influence sur qui je suis maintenant??? Je ne sais pas.
    C’est sûr que la question se pose plus quand on n’a que des filles ou que des garçons parce que quand on a des enfants des 2 sexes, si tout va bien, ils peuvent se prêter les jouets et donc on se pose moins la question. Yann et Enna jouent ensemble aux mêmes jeux, tous bien mélangés (et en bazar SVP!) mais c’est vrai qu’au moment de se déguiser, c’est la robe qui ressort pour Enna et le déguisement de pirate pour Yann. Rarement l’inverse. Ou alors c’est parce que Yann se déguise en fille et en rigole. D’ailleurs, on parle des jouets mais quid des habits. Parce que si nous les filles nous avons la chance d’avoir une grande liberté vestimentaire, je me demande bien quelle serait ma réaction si Yann voulait absolument mettre une robe pour aller à l’école. Alors? J’ouvre mon esprit et je cède ou je lui dis la réponse basique : « Non, les robes sont pour les filles. » ?

    Bref, je suis d’avis de les laisser choisir ce avec quoi ils veulent jouer car ça reste du jeu et donc souvent de l’imaginaire. Mais c’est plus simple je pense parce qu’ils ont accès à des jeu des 2 genre.
    J’avoue les orienter parfois mais pas par rapport au sexe de jouet mais plus par conviction « non, une DS a 4 ans, c’est pas possible » ou par esthétique « euh…tu es sûre que tu veux cette poupée Bratz pas super super jolie et un brin vulgaire??? ».

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    • LafamilleB dit :

      Merci pour ton commentaire Amandine vu que tu es la seule que ça a inspiré 😅!
      Je me rends compte à quel point n’avoir que des filles pèse dans mon discours. Il est évident que si j’avais un garçon et des jeux typiquement masculins à la maison je laisserais comme toi les « mélanges » se faire, comme dans une classe, c’est l’idéal, c’est sain, c’est ce que je faisais avec mon propre frère enfant, je me souviens qu’on construisait un fort et qu’on jouait aux cow-boys et aux indiens. Et lui jouait parfois avec nous aux Barbies!
      Jouer à la poupée, je ne voulais pas dire que c’est un apprentissage du métier de parent mais plutôt une projection, un jeu de rôle qui ne peut ni ne doit être réservé aux filles: dans ma classe, les garçons sont spontanément plus nombreux à jouer au coin cuisine /poupée que les filles=parce que c’est inédit ça suscite leur intérêt. Et de manière pérenne.
      Le problème n’est pas que les filles jouent aux poupées Barbie et aux princesses. Le problème c’est qu’elles ne jouent qu’à ça sans avoir accès à autre chose. Quand on a un garçon le problème se résout seul mais mon rôle de Maman est de ne pas les enfermer dans ces stéréotypes et de leur proposer autre chose. Elles n’accrochent pas, tant pis. Mais au moins j’offre une autre vision.
      Enfin, comme toi, j’ai d’autres critères pour choisir les jouets: Esthétisme, utilité, potentialité.
      PS: pour la robe, je dirais qu’il peut autant qu’il veut à la maison mais de même qu’on ne sort pas tout nu, les conventions lui interdisent les robes à l’extérieur (Ca me fait penser au film « Les garçons et Guillaume, à table! »)

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  2. Lucie dit :

    Alors en tant que maman de garçons (à qui nous avons choisi d’offrir une dinette, une marchande et un bébé Corolle), je suis du même avis que toi sur le fait que les gens trouvent « bizarre » d’offrir ce genre de jouets. Je ne compte plus les remarques « ah c’est à qui ce bébé? »  » C’était ta marchande quand tu étais petite c’est ça? (genre nan, tu ne l’as pas acheté exprès pour tes fils quand même??) Et pourtant mes fils aiment me préparer à manger, jouer à la marchande, le deuxième a adoré s’occuper de son bébé pendant ma grossesse.
    Maintenant, je constate tout de même qu’aujourd’hui les bébés sont un peu relégués au second plan et qu’ils aiment d’amour leur château fort playmobil, leurs voitures majorette, leur établi, leurs outils.
    De mon côté j’estime que mon rôle est de leur donner accès à ces jeux de les autoriser à y jouer, pas de les forcer à tout prix au nom de l’égalité des sexes.L’autre jour, j’étais très contente quand mon deuxième qui est en PS m’a dit que comme activité , il avait choisi le plateau de la tête à coiffer (merci Maria M.!). Alors il a passé du temps à mettre des élastiques et des barrettes! Quand j’étais petite , je me rappelle en avoir voulu à mes parents qui avaient réservé la boite de mes meccano dans le chambre de mes frères… Moi je suis partisane de la liberté de choisir, je veux leur laisser l’accès à tout maintenant je pense que la société, les copains, les modèles de nos enfants restent en majorité sexués…

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    • LafamilleB dit :

      Merci Lucie pour ce commentaire étayé qui rejoint globalement mon propos.
      Je ne forcerai jamais mes filles à jouer, je ne sais d’ailleurs pas comment je m’y prendrais!
      Mais je suis d’accord avec toi pour les larges propositions qu’il faut leur accorder et j’admire tes choix de leur offrir des jouets dits « de fille », beaucoup n’oseraient pas je pense (de mon côté, j’ai offert avec fierté sa poupée à mon filleul, sur demande de ma meilleure amie! 👍🏻)

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  3. Marie dit :

    Maman de 2 filles de 7 et 4 ans, je te rejoints… laisser le choix des jouets aux enfants est à mon sens primordial!
    Mon ainée est fan d’activités manuelles en tout genre et jeux de société. ..des poupées, des barbies, elle en a mais n’a finalement pas vraiment joué avec…
    Ma cadette joue volontiers aux poupées mais ce dont elle rêve pour noël c’est le déguisement de pompier avec le casque ! ( l’année dernière c’était les pirates,lol ). La semaine dernière, tristement, elle m’a dit  » je ne pense pas que le père noël me ramènera mon déguisement maman…. regarde c’est toujours pour les garçons dans les magazines. .. » et oui les commerces ont encore du boulot à faire à ce niveau! Mais heureusement que le père noël se débrouille toujours pour satisfaire les enfants 😊

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    • LafamilleB dit :

      Merci pour ton commentaire Marie, ma fille aussi m’a demandé « l’autorisation » pour son déguisement de chevalier, elle savait que ça ne rentrait pas dans les codes, elle a eu besoin d’une validation 😕
      Il est trop fort ce Père Noël effectivement, et vachement progressiste quand ça lui prend 😄

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  4. Carole dit :

    Ton article est très intéressant. Je remarque d ai tant plus depuis que j ai un fils qu’ on n attend pas la même chose de lui ou de ses soeurs.
    Ce qui m amène justement à résister au maximum pour essayer de les élever le plus possible pareil !
    Comme le disait Amandine dans son commentaire, moi aussi j ai joué à des jeux ultra filles pendant min enfance et n en suis pas devenir une Barbie décérébrée. (Enfin je crois pas)
    J y jouais , et mes parents me les achetaient, car ça me plaisait vraiment, que c était un choix , sûrement influencé quelque part , par les copines, la télé..mais sûrement pas par mes parents qui ne m ont jamais imposé mes yeux et ont toujours, comme tu le fais, ajouté à tout ça des jeux neutres, jeux de société, de construction. ..j ai même eu un flingue en plastique plus vrai que nature à une époque!( Et ça en revanche c est typiquement l exemple du truc qui n entrera pas chez moi, pour mes filles comme pour mon fils. .)
    Donc je te rejoins tout à fait et c est ce que j ai essayé de faire avec mes filles aussi.
    Lilia a toujours eu des jouets de fille , ou plutôt étiquetés comme tels: poupées corolle, dînette. ..car c est ce que j aimais petite et que j ai souhaité lui faire découvrir. Elle aime, elle s eclate: pourquoi l en priver? (Même si j essaie de limiter au max les packagings total rose…j opte souvent pour un poupon garçon, pareil pour les fringues d ailleurs )
    Mais j ai aussi fait en sorte depuis qu’ elle était petite, de montrer autre chose: j ai acheté des Playmobil ( pas princess!), des lego, des voitures …certes on revient souvent à « je joue a le creche » ou à la dînette, mais c est elle qui y va, et elle sait qu’ elle a le choix et peut aussi choisir autre chose, qu’ elle n est pas cantonnée à ce rôle de petite maman parce qu’ elle est une fille.
    Du coup ça s est fait tout seul qd Jasmine et née.
    Pour Yanni, la question du jeu ne s est pas poser tout de suite. Un 3eme enfant, tu lui achètes pas grand chose comme jouets 1er age quand même. ..Tu as tellement de trucs à recycler qui n ont servi que quelques mois…donc j avoue que jusqu’à maintenant, il a joué principalement avec les vieux jouets de ses soeurs.
    Avant 2 ans, la problématique Barbie ne se pose pas trop quand même. Les cadeaux qu’ on lui a faits jusqu’ ici (on lui a qd même acheté des choses à lui pauvre bichon !) n ont pas été orientés « vite! Des jouets de garçon, on n a rien de viril à la mais on!! » Mais plutôt  » t as vu comme il kiffe appuyer sur des boutons ?? Allez hop: piano!  » ( oui on regrette😂),  » il aime bien les nounours de ses soeurs..mais il adore mes trucs qui bougent tout seuls…allez hop: nounours interactif qui marche à 4 pattes ! » ( enoooorme succes)
    Du coup cette année pour Noël c est le même principe. Il a des cours différents de ses soeurs au même âge. Il est bcp plus actif, moins posé. Il aime ce qui roule, ce qui bouge.
    Pourquoi? Il n a pas été plus exposé à ces jeux là vu qu’ on n en a pas acheté spécialement pour lui.
    Peut être qu’ inconsciemment, on lui propose davantage ces activités que d autres, parmi tout le choix qu’ on a à la maison.
    Peut être qu’ à la crèche il est plus orienté.
    Peut être que c est son chromosome Y qui veut ça.
    Ou peut être plutôt son caractère à lui.
    Quoiqu’ il en soit, on part de ce qu’ il aime pour acheter, et non de ce qu’ il est censé aimer.
    Donc pour Noël cette année vu qu’ il est en période dinette ce sera une cuisinière (sonore et lumineuse avec le four qui fonctionne …on ne le refait pas notre petit geek!), un poupon corolle (les filles ont chacune le leur et il leur pique beaucoup en ce moment: chacun le sien!), une voiture télécommandee (vue chez des copains, il a adoré !), des jouets neutres genre jouets de bain ou de construction.
    Et j en profite tant que l influence extérieure n est pas trop présente. Tant qu’ il peut jouer tranquillement à la dînette sans se faire enquiquiber. Comme toi j ai l impression qu’ une fille qui joue à des jeux de garçons, ça passe mieux.
    Combien de fois on m a embêtée pour des boucles trop longues (des cheveux de BÉBÉ !! ), ou un body rose que je lui avais mis parce que marre de me ruiner en bodies quand on en a 3 tonnes et puis c est pas comme si je lui avais mis une robe. ..
    Lilia commence à revenir de l école avec des théories de « ça c est pour les filles, c est pas pour les garçons, et gna gna gna mes copines ont dit que… » donc un jour on essaiera de lui imposer ses goûts à lui aussi. Aujourd’hui ça reste encore simple.

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    • LafamilleB dit :

      Merci pour ta réponse Carole, je vois qu’on se pose globalement les mêmes questions, et pour moi non plus il n’est pas question de priver mes filles de jeux sous prétextes qu’ils sont stéréotypés. Mais ton texte met en lumière le fait que bébé, on offre aux enfants des jouets très peu sexués, pourquoi ça change autour de 2 ans? Parce que les caractères physiques s’affirment?
      J’adore la liste de Yanni, très diversifiée! Je trouve d’autant mieux que tu le fasses que la facilité pourrait être de le laisser piocher dans les jouets de ses sœurs!
      Pour conclure je dirais que tant qu’on se pose ces questions, ça montre qu’on n’est pas dans la consommation irréfléchie et qu’on éveille nos enfants à ces enjeux…c’est déjà très bien, non?

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  5. Carole dit :

    J avais encore d autres choses à dire (si si je te jure!) Mais ça attendra demain parce que:
    1. Mon commentaire serait d une longueur indécente (déjà que là. .)
    2. Ça pique tellement les yeux cette écriture intuitive que ça me décourage. ( nouveau jeu: cherche le mot que j ai voulu écrire!)
    A tête reposée et sur clavier normal, j aurai des trucs à rajouter sur les rayons jouets et surtout les livres. ..

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  6. Carole dit :

    Je voulais juste rebondir sur l étiquetage sexué des jouets et leur mise en place en magasin. Ça me déplaît aussi fortement parce que ça cloisonne vraiment, limite il faudrait un videur à l entrée de chaque rayon « toi t es une fille? Tu entres pas ! ». Ça donne l image aux enfants que l espace jeux n est pas mixte , l image est bête mais ça me fait penser aux toilettes…A partir d un certain age, ça ne viendrait plus à l idée d aller dans les toilettes de l autre sexe , j ai l impression que pour les jouets c est pareil. Et d ailleurs c est à peu près le même age: en maternelle, ils sont encore tous ensemble aux toilettes et s assoient où ils veulent ..et c est aussi l age ou ils jouent encore à des jeux similaires, indifférents au cote sexué. Mais alors que se passe t il à 6 ans, bordel? Que leur met on dans la tete? C est pourtant loin de la puberté et pourtant certains terrains deviennent interdits.
    Puis faut voir le contenu des rayons « filles » et « garçons « …la dernière fois que j ai mis les pieds à la Grande Récré, 2 vieilles qui cherchaient un cadeau pour une petite fille ne voulaient pas s approcher du rayon « jeux scientifiques » parce que « ah mais non, c est bien le truc pour fabriquer un volcan là, mais ça fait partie du rayon garçon, c est pas possible! » Comme si les filles n avaient pas de cerveau. (Elles sont reparties avec des perles…)
    Bref. Je te rejoins sur les grandes surfaces mais suis un.peu plus réservée sur les livres.
    De moi même, j évite aussi les livres sexistes, les intitulés catégorisants et autres stéréotypes ou total look rose.
    Mais j avoue que j en ai. J ai longuement hésité avant de les acheter mais quand Lilia avait 3 ans elle m a tannee pour avoir « Lilou joue à la poupee », dans la collection si bien nommée « Ptites filles » aux éditions Fleuris pour ne pas les citer. Elle avait lu ce livre chez une copine, adorait les dessins en pâte à modeler et le voulait à mort.
    J ai résisté un.moment parce que l intitulé me herissait le poil, ainsi quz les autres titres (les petites filles qui « jouent « , à la poupée, la dînette, la maîtresse, le ménage !! Et les « p’tits garçons  » qui bossent, eux: la grue de Lulu , le taxi d Alexis, le bus de Marius. Enfin, ils conduisent surtout.)
    Puis j ai cédé. Et dans la foulée j ai acheté le « Camion poubelle de Marcel » dans la collection « p’tits garçons « . Elle a pas tiqué , bien au contraire car elle était en pleine période « je kiffe tellement le camion poubelle que je l attends a la fenêtre chaque matin pour lui faire coucou ». Donc on l a lu et relu autant que Lilou et sa poupée.(et l éboueur n a pas compris pourquoi d un coup elle lui disait Coucou Marcel🤣)
    Depuis le début donc, elle a compris qu’ il existait des collections visant plus l un ou l autre des sexes mais ça lui oasse largement au dessus.
    Je pense que pour les livres c est peut être moins stigmatisant dans la tete d un enfant d aller vers un produit qui ne lui est visiblement pas destiné : on est dans l imagination, ce n est pas moi qui aime conduire (ça c est pour les garçons!), moi j aime juste lire l histoire de Marcel. (Ce à quoi évidemment j explique que conduire c est super et qu’ elle adoptera ça plus tard si elle veut)
    Dernièrement Lilia à commencé à dépenser seule ses quelques pièces d argent de poche ou de petite souris quand on va voir les bouquinistes le dimanche près de chez nous.
    Elle a la droit de s acheter un.ou deux livres .
    Et elle a découvert.. .Martine.
    J ai tenté de dissuader mais c était son choix et on s est retrouvé au fil du temps avec plusieurs Martine dont « Martine fait la cuisine » et « Martine petite Maman ». Et finalement, ça ne me dérange plus tant que ça parce qu il ne faut pas prendre nos filles pour des cruches justement : elle a vite compris que Martine vivait à une autre époque.. .et que cuisiner pour 12 ou s occuper de A à Z de son petit frère qd ses parents sont partis pour le week end ne risque pas de lui arriver de sitôt. Je lui ai expliqué que Martine était tjs à la maison, maniait a merveille le fer a repasser à 8ans et se montrait polie, docile et bien coiffer parce que c était le rôle des filles à l époque de ma grand mère.
    Et je pense qu’ expliquer comme ça lui permet non seulement de profiter de son livre qui l intéresse et surtout dont elle adore les dessins (faut dire que les dessins du petit frère de Martine sont quand même mignonissimes. .), mais aussi de s ouvrir a une autre époque, à une autre place des filles, et elle pose bcp de questions à ce sujet du coup.
    Donc j ai l impression que , bien amenés ( » ça s appelle petit garçon parce qu en général, on pense que les pirates intéressent plus les garçons, mais comme ça t intéresse toi aussi, t as autant le droit de le lire! ») les livres qui pourraient être vus comme sexistes ne sont finalement pas si néfastes, l enfant prenant plus de recul avec les livres que les jouets.
    Je ne sais pas si c était très clair..c est en tout cas ce que je ressens avec mes filles pour l instant.

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    • LafamilleB dit :

      Pfiouuu, désolée pour le retard à répondre!
      C’est clair que la maternelle est un monde à part de ce côté: tous les gamins sont à moitié à poil devant les autres, intimité et pudeur =0!! L’entrée en élémentaire marque une nouvelle étape surtout parce qu’on y regroupe des enfants qui sortent à peine de la maternelle avec des pré-adolescents…je suis sûre que les grands influencent les comportements, tout comme au collège il devient subitement interdit de jouer!!
      Pour les livres je te rejoins sur Martine: le décalage est tellement grand avec notre époque (langage, codes vestimentaires et sociaux), qu’effectivement ça pourrait presque être l’objet d’une étude sur la condition féminine à l’époque nos mamans. Difficile de s’identifier à Martine pour une petite fille de notre époque je trouve. Quant aux autres collections, elles ne sont pas néfastes parce que tu es une Maman qui prend du recul et en fait prendre à sa fille, et parce que tu proposes du contenu camionesque par ailleurs. Certains parents les proposent au premier degré et c’est là que c’est dérangeant. C’est pour ça qu’à choisir, je préférais que ce genre de collection n’existe pas. Mais je comprends totalement ton point de vue!

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  7. Marine dit :

    Avec ton article, je me rends compte qu’à la maison on ne choisit pas en fonction de si c’est un jeu de fille ou un jeu de garçon mais plus en fonction de son intérêt, esthétisme, ou encore adapté à l’âge. Je pense que les autres années, de manière naturelle, j’avais réussi à équilibrer entre jeu de fille et de garçon. Céleste était encore trop petite en même temps pour décider réellement de ses envies. Cette année, je me rends compte qu’il n’y a pas vraiment de jeu dit jeu de garçon. Il y a des jeux mixtes. Mais c’est surtout la faute aux « sylvanian families » qui coûtent un bras et sur lesquels Céleste a jeté son dévolu!
    Je pense que Céleste est une « vraie » fille car dès son plus jeune âge, elle réclamait une poupée! Je me souviens encore de son anniversaire des deux ans quand nous lui avons offert sa première poupée, elle s’est jetée dessus en disant « oh! Bebe » et en lui faisant un gros câlin. C’en était émouvant. Comme si elle l’avait attendue pendant des mois. Depuis elle ne le quitte plus. Elle joue avec TOUS les jours sans exception. C’est le jouet qu’on emmène partout!
    Je suis convaincue qu’au fond de chaque enfant, il y a indéniablement des vraies petites filles, des garçons manqués, des petits garçons caïd, ou encore des filles manquées (ça se dit) et comme tu le fais déjà si bien Livia, il faut savoir respecter leurs envies.

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    • LafamilleB dit :

      C’est fou parce qu’ici les poupées c’est sans plus, alors que moi j’en étais DINGUE étant petite. Ici c’est par périodes, mais elles ne sont pas à fond. Elles ne sont à fond dans rien en fait, ça tourne!
      C’est top quand l’équilibrage se fait spontanément. Je te jure qu’ici certaines années j’avais envie de brûler les princesses Disney!!

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  8. Ariane dit :

    Moi, je n’ai pas d’opinion hyper tranchée sur la question, étant paradoxalement féministe sur pas mal de choses à commencer par mon nom de famille (mes filles portent le mien en premier, na, j’ai gagné !!). Je déteste les rayons classés fille/garçon tels que présentés sur la photo que tu montres et d’emblée, je n’interdis rien à mes filles. Bérénice a voulu une tractopelle petite, elle l’a eue. Aliénor a eu un garage voiture (violet de fait) pour ses 1 an et je suis à l’origine de ce choix. Après, j’avoue que j’oriente quand même volontiers vers des jeux de filles – ce vers quoi elles vont naturellement – car ils me plaisent davantage et j’assume le fait d’avoir voulu des filles, pour avoir des vraies filles. Je ne me reconnais pas dans les jeux de garçon, je ne m’y sens pas à mon aise. Mais une chose est sûre, elles auront toujours le choix et je n’imposerai rien. Elles peuvent choisir des jeux de garçon, sans que cela me pose un problème. En revanche, pour tous les jeux, j’oriente les choix : pas question de me retrouver avec des trucs affreux à la maison, qu’ils soient féminins ou masculins !

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    • LafamilleB dit :

      Je me souviens de la tractopelle 😄 et je trouve ça top le garage violet, le mix des codes! Et je te rejoins totalement pour les jeux de garçon, je nage en eaux troubles, ça ne me donne pas envie…
      Et ici aussi, sont bannis les jeux moches et criards!

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