Mon accouchement sans péridurale, un an après

Vous vous êtes peut-être interrogés sur l’intérêt de la démarche d’un récit d’accouchement public, surtout s’il est aussi violent que le mien. Il est évident que mon témoignage n’empêchera pas une prochaine génération de femmes de donner la vie, mais il en a traumatisé quelques unes. L’intérêt, c’est l’analyse que j’en fais aujourd’hui. Ma vision des choses a beaucoup évolué, et heureusement. La vie est bien faite, le temps panse les blessures et nous enrichit, et vous allez voir que quelqu’ait été la violence de mon expérience, je ne parle plus de traumatisme.

Après mon accouchement, j’en ai voulu à la terre entière d’avoir souffert autant. A moi-même, pour ne pas avoir senti l’urgence. A mes parents, d’être arrivés trop tard. A la vie, qui m’a fait vivre loin de ma famille. A l’équipe médicale, qui ne m’a pas laissée gérer comme je l’aurais pu. A toutes les femmes du monde, qui taisent l’horreur de l’expulsion au profit des contractions. A certains hommes, qui n’y connaissent rien, ne vivent rien, et se permettent des commentaires (ô, psychologie percutante de mon ancien gynécologue!). A mon mari, de recevoir le même cadeau que moi sans avoir à livrer la moindre parcelle de lui-même. Et même à ma sage-femme, de m’avoir si (trop) bien préparée à gérer la douleur du travail, alors même que c’était sa mission.

Un an plus tard, je n’en veux plus à personne. Mon accouchement est totalement digéré.

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2017: l’heure du bilan

Je m’essaie à l’exercice du fameux « bilan », en mesurant le chemin parcouru depuis 12 mois…

Je n’ai pas l’habitude de coucher par écrit les bilans de mes années. En général, je les fais mentalement, en mode « il y a un an/il y a un mois/il y a une semaine ». Je fonctionne beaucoup par « il y a », et mes remémorations ont parfois le goût de ruminations.

Je m’applique donc ici à clarifier et poser le vague murmure de mon âme.

2017 restera sans nul doute l’année de la réparation. Réparation physique et morale. C’est d’ailleurs sur ce terme que ma psy m’a quittée et félicitée en me disant que « je me débrouillais bien ». Je ne suis pas aussi enthousiaste qu’elle, mais je sens bien que j’ai fait du chemin.

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L’alcool, entre culture et marginalité

A l’avant-veille du coup d’envoi des fêtes de fin d’année, j’ai eu envie de vous exposer mon rapport à l’alcool, proche du néant, et les réactions diverses qu’il suscite chez les autres, sans moralisation aucune.

Je commencerai cet article par vous raconter deux anecdotes, lors de deux soirées:

Lundi soir, Hamid se rend à un dîner entre managers. Arrive le moment de commander les apéritifs. Moment toujours un peu stressant pour mon conjoint. Il a souvent peur d’être le seul à ne pas boire, qu’on le chambre, qu’on lui lance des habituels « Mais lâche-toi!! ». Ce soir-là, un manager sportif, très « healthy » a pris un Coca zéro. Mon mari a poussé un soupir de soulagement intérieur. C’est bon. Ce n’est pas sur moi qu’on va se défouler. C’est bon. Je ne suis pas le seul. 

Mardi soir. J’arrive (avec une heure de retard, ouais, trois gosses, ça ne me réussit pas, rappelez-vous) à une soirée entre collègues. On m’accueille en me proposant un mojito. Réponse polie, légèrement gênée et vaguement assumée:

– Non merci, je ne bois pas d’alcool.

– Mais c’est quoi cette école??!!

– Pourquoi, je ne suis pas la seule?

– Bah nan, on est plein à ne pas boire d’alcool!

Et mes collègues de me détailler les non-buveurs. Nous étions majoritaires. Et une seule était musulmane. C’est la première fois que ça m’arrivait. La première fois que je ne me suis pas sentie « en marge » lors d’une soirée.

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Lettre à ma psy

Peut-on devenir ami(e) avec son (ex) praticien?
Ce matin, je vais donner, la mort dans l’âme, une lettre à ma psy. Je lui dis au revoir et pas adieu.

Depuis le début, je sentais qu’on allait en arriver là. J’ai lutté, j’ai tout fait pour qu’elle reste MA psy, mais de toute évidence, c’était voué à l’échec dans les deux sens.

Pourra-t-elle devenir une amie? Après tout ce que je lui ai confié? Je ne connais quasiment rien d’elle, notre relation est tellement déséquilibrée…

Je prends le risque. Elle ne peut plus, de toute façon, rester ma psy. Alors je n’ai rien à perdre.

Ayons le courage d’oser, et vive la vie et les belles rencontres qu’elle nous offre…

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Du droit à pleurer devant ses enfants

Récemment, j’ai lu sur un site l’interview d’une « coach familiale », qui expliquait que « pleurer devant ses enfants », on pouvait, mais en fait nan pas trop quand-même. Je n’ai pas aimé son point de vue et ses arguments. Je vous explique pourquoi.

Je suis ce qu’on appelle une hypersensible. Je ne pleure pas pour rien. On ne pleure jamais pour rien. Mais les pleurs sont pour moi une façon d’extérioriser toute une palette d’émotions: tristesse, peur, joie, surprise, compassion, pitié, effroi, honte, déception. Ajoutez à cela que dès que je vois quelqu’un pleurer, je pleure, et vous avez un aperçu de toutes les occasions de chialer qui se présentent à moi.

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Pourquoi je n’ai pas allaité mes enfants, en 10 raisons

Le discours ambiant, depuis de nombreuses années maintenant, est clairement pro-allaitement. L’OMS, les professionnels de santé, les magazines, les bloggueuses, vous disent tous que c’est le meilleur choix pour nos enfants, et je suis à peu près d’accord avec eux. Sur le fond.

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En plus, il faut le reconnaître, c’est vraiment beau. C’est la classe, quoi.

Car sur la forme, je fais partie de ces mamans qui ne se reconnaissent absolument pas dans l’allaitement.

Mon renoncement à l’allaitement n’est pas une non-position, une sorte de capitulation par défaut qui ne s’assumerait pas. Renoncer, c’est choisir. J’ai choisi de ne pas allaiter. Du moins la cadette et la benjamine. L’aînée, on a essayé de me faire croire que je voulais.

Loin de moi l’idée de jeter la pierre à celles qui allaitent, ni de faire du pro-biberon, non, je veux vous raconter ici pourquoi je n’ai pas allaité mes enfants, tout comme certaines vous racontent pourquoi elles l’ont fait.

On y va?

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Look et maternelle: 10 ans de résistance

Coquette et féminine, je l’ai été dès le lycée et la fac. Je me mettais souvent en jupe et talons. Je me vernissais les ongles et changeais de couleur de vernis tous les deux jours. Je me maquillais et changeais de coiffure tous les jours. J’assortissais mes bijoux à mes vêtements.

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Tout cela, je le fais encore. La différence, c’est que je suis entrée en résistance.

Un jour, j’ai eu une discussion look avec mes (anciennes…snif) collègues, et le débat portait sur cette question: Quand on est instit de maternelle, faut-il renoncer à « bien » s’habiller? (Z’avez vu? Passionnants, nos débats du midi. Je ne vous dis pas le choc maintenant que je ne fais que parler cahiers de réussite et répartition de compétences).

Parce que la réalité quotidienne, à l’école maternelle, c’est ÇA:

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