Du droit à pleurer devant ses enfants

Récemment, j’ai lu sur un site l’interview d’une « coach familiale », qui expliquait que « pleurer devant ses enfants », on pouvait, mais en fait nan pas trop quand-même. Je n’ai pas aimé son point de vue et ses arguments. Je vous explique pourquoi.

Je suis ce qu’on appelle une hypersensible. Je ne pleure pas pour rien. On ne pleure jamais pour rien. Mais les pleurs sont pour moi une façon d’extérioriser toute une palette d’émotions: tristesse, peur, joie, surprise, compassion, pitié, effroi, honte, déception. Ajoutez à cela que dès que je vois quelqu’un pleurer, je pleure, et vous avez un aperçu de toutes les occasions de chialer qui se présentent à moi.

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Mes activités « mère qui sait pas jouer »

Si vous m’avez lue précédemment, vous savez que je ne sais pas jouer avec les enfants en général, et mes enfants en particulier.

Or, j’ai passé deux semaines de vacances complètes avec eux. Je passe d’ailleurs très régulièrement (mais si, vous savez, toutes les 6/7 semaines) deux semaines de vacances avec eux. Que diantre fais-je de mes journées quand je suis avec elles, vous demandez-vous?
Eh bien voici mes activités préférées, à défaut d’être les favorites des filles (oui, il s’agit de mon propre palmarès):

Lire des livres

J’adore quand je demande aux filles de choisir chacune 3 livres et qu’on se pose, comme ça, simplement, sur le canapé, sous une même couverture, pour lire leur sélection. J’adore parce que je n’ai pas à me creuser la tête. Le contenu est directement disponible.


Je leur propose cette activité quand je sens des périodes d’ennui, ou alors qu’elles commencent à se disputer. Après, elles continuent à se disputer. Pour savoir qui aura la primeur de la lecture de son ouvrage.

Faire des gâteaux

J’aime faire des gâteaux avec mes filles parce que je sais qu’après, je pourrai en manger. J’en faisais très souvent avec ma mère étant enfant et c’est une vraie madeleine de Proust pour moi. Pour elles, l’intérêt majeur de l’activité consiste à « lécher le plat », activité sujette à rivalités s’il en est, où tous les coups (de cuillère) sont permis.

Aller à la bibliothèque

Je crois que c’est ce que je préfère. D’abord parce que c’est une sortie, et que comme toutes les sorties, c’est une sorte de petite fête, petite fête qu’on reconnaît d’ailleurs au célèbre « Tout le monde a fait pipiiii? » qui la précède.

Ensuite parce qu’à la bibliothèque, je rencontre des parents que je connais plus ou moins (surtout moins) et j’ai l’impression d’avoir une vie sociale de fou. 

J’adore flâner dans les rayons, reconnaître des livres, en découvrir d’autres, en choisir au feeling, au titre, à l’illustration, ranger subrepticement un ouvrage sans intérêt que mes filles veulent absolument emporter, m’installer avec elles pour lire 2/3 livres que nous laisserons sur place, rajouter au dernier moment à leur demande 5 DVD Disney, en glisser un, toujours sans en avoir l’air, davantage « art et essais », choper au passage un livre pour moi, repartir avec un sac qui pèse dix tonnes et déverser le trésor sur notre parquet. La bibliothèque, c’est plus qu’une sortie. C’est 3 semaines d’emprunt et de bonheur prolongé. 

Faire un jeu de société 

Oui, je sais, ça fait la mère trop emmerdante qui fait que des trucs pseudo-intellectuels avec ses enfants. Je propose mais je n’impose jamais. Enfin, j’oriente très subtilement mais néanmoins efficacement. Mes préférés? Ceux où je ne me fais pas trop chier, comme Mistigri, Diamoniak, UNO, et mémory.

Jouer à la coiffeuse

Aaaah, enfin un VRAI jeu!! Dieu que je l’adore, celui-là, il est tellement rentable en énergie! Mes filles créent le salon de coiffure, vont chercher ce dont elles ont besoin, on s’installe, je commence par elles, je les sens se détendre sous les coups de brosse, c’est calme, on rigole parce que je fais des fausses réflexions de coiffeuse, dont le fameux : « Vous les avez lavés quand pour la dernière foooois? » et le non moins célèbre: « Les pointes sont abîmées, on leur fait un soin? », on se maquille aussi.

Puis vient mon tour. Et là, c’est le pied. Il suffit qu’on me touche, caresse ou brosse les cheveux 10 secondes pour me projeter sur une autre planète nommée béatitude, le tout gratuitement et en distrayant ma progéniture. Bon, quand je ressors, je ressemble à Ginette dans les Visiteurs, mais je suis mega détendue. Tout bénéf. Évidemment, cette activité est à prévoir un jour de shampooing.

Allez, à votre tour, faites-moi rêver, quel est votre propre palmarès? 

Photos de famille, souvenirs et droit à l’oubli

Pendant ces vacances, je me suis occupée  d’une tâche auto-octroyée depuis la naissance de Fériel: le transfert, le tri, le choix et l’impression de nos photos de famille. Ma démarche me pose question à chaque fois que je l’entreprends: quel devenir pour nos milliers de clichés?

Pour moi, Quality Street ne désigne pas une marque de bonbons vieillotte, mais une boîte en métal aux bords un peu rouillés, que ma grand-mère sortait de son armoire massive entre un gâteau au moka et quelques périodes d’ennui. C’étaient toujours des moments de fête. Je crois que je tiens mon amour des vieilles photos de cette période.

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Halloween or not Halloween?

La fête d’Halloween est arrivée en France dans les années 90. Enfant, je ne l’ai jamais célébrée. Elle a commencé à se populariser quand j’étais ado. Pour cette raison, et pour beaucoup d’autres encore, je n’arrive pas à être emballée par cette fête, ni à y adhérer.

Pourtant, je ne suis absolument pas une psychopathe culturelle, qui rejetterait comme le font certains les influences venant des Etats-Unis. Je ne trouve pas que cette fête soit plus commerciale que Noël, ou Pâques par ailleurs. J’aime aussi l’idée que ces réjouissances s’amusent des peurs, de leurs représentations, de leurs contournements, pour mieux en jouer et se les approprier, les détourner.

Ainsi, j’apprécie beaucoup les initiatives culturelles autour d’Halloween. L’année dernière, nos filles étaient allées au musée de plein air pour fabriquer des sorcières à base de pommes de terre. Samedi, nous sommes allés écouter des contes qui font peur dans une médiathèque.

Mais voilà, ça s’arrête là. Selon les historiens des fêtes (oui, oui, ça existe), l’événement est moins suivi en région parisienne qu’en province. Pour quelles obscures raisons sociologiques, mystère, mais il est clair que les années où j’ai passé la Toussaint dans le Nord m’ont fait remarquer une différence d’engouement notable.

Du reste, dans mon ancienne école, nous n’avons jamais été emballées pour construire des projets autour de ce thème. Pas de décoration Halloween, pas de déguisements, bref, pas d’exploitation de cette fête, à part via quelques albums littéraires. Dans ma nouvelle école, cela semble être aussi le cas, mais j’ai échappé de justesse à un vendredi maîtresses-déguisées à l’école (Sainte Maléfique me préserve, je bosse le lundi et le mardi. J’ai eu une pensée contrite pour mes collègues en passant devant l’école à la veille du week-end).

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Ouais, moi aussi, j’aurais fait cette tête. Surtout en ouvrant la porte aux parents.

Ensuite, il y a la notion d’éplucher et de creuser des curcubitacées. Il paraît que ce sont les Irlandais qui ont eu les premiers cette idée saugrenue. Vous commencez à me connaître. Passer deux heures à évider un potiron, je ne le fais déjà pas pour les purées de mon bébé, alors pour apprécier le concept d’une bougie tremblotant dans le froid sur un fond orange, vous pensez bien que je ne daignerais pas lever le petit doigt.

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Mais surtout, j’ai beaucoup de mal avec l’idée d’envoyer mes enfants, fussent-ils accompagnés de copains, frapper chez des inconnus, et fusse-t-il chez les voisins. Comme ça, dans la nuit, en plus. Alors, certes, je pourrais les accompagner. Me déguiser. Prendre Réjane en poussette. Crier : « Des bonbons ou la vie!! » (je crois même que c’est dépassé et qu’à présent, on dit : « Des bonbons ou un sort!! ») pour la 15ème fois à des gens qui nous tendraient, désabusés, leurs fonds de placard. Ou inversement, à des adultes approvisionnés pour l’occasion et heureux de leur prodigalité.

Bah, j’y arrive pas. Pas plus que cuisiner un cake au potiron ou de la soupe au potimarron (franchement, pourquoi rajouter ce « mar », c’est le même légume, nan?).

Et comme je suis vraiment totalement à la ramasse, y’a même pas de bonbons dans mes placards. Que du chocolat noir à 80%. Pauvres gosses…Heureusement, il me reste la journée pour aller au supermarché, faire preuve de largesse et distribuer du bonheur et de la vie.

Et vous? Etes vous Halloween ou non? Le fêtez-vous avez vos enfants, et de quelle manière?

Conteuse: Alexandra Castagnetti 

Les chaussettes ou les raisons de la colère 

Depuis 6 mois, Jasmée a un problème avec les chaussettes. Oui, avec les chaussettes. Et plus précisément avec la couture qui court à la naissance des orteils.

Cette soudaine et inexplicable névrose nous vaut tous les matins, à l’habillage, une douce, invariable et nasillarde litanie:

– Ça me gêeeeeeeeeeeeeeene!

– J’veux changer de chausseeeeeeeeeeettes!

– J’veux les enlever, j’veux les enlever, j’veux les enlever, j’veux…

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Aujourd’hui, j’ai lamentablement craqué.

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Les repas ou la philosophie du « Tu laisses »

Suite à l’épisode d’une élève de mon école qui a recraché par le nez un repas qu’on l’avait forcée à manger la veille, j’ai eu l’envie d’aborder notre façon très décomplexante d’envisager les repas dans la famille. C’est parti.

S’il y a bien un domaine où nous avons abandonné absolument toute forme de chantage et de pression envers les enfants, c’est celui de la nourriture et des repas.

Il faut dire qu’on a accumulé les bêtises avec Fériel jusqu’à ses 18 mois environ: chantage, menaces, cris, diversions y compris par vidéo, récompenses…tout le répertoire y est passé. Jusqu’à ce que je décide brusquement de lâcher tout le lest et de ne plus faire de l’alimentation un enjeu. Pourquoi brusquement? Je ne sais plus. Est-ce un article que j’avais lu? Le sentiment que tout cela avait un lien avec la violence? La conviction que c’était totalement inutile?

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Pourquoi je n’ai pas allaité mes enfants, en 10 raisons

Le discours ambiant, depuis de nombreuses années maintenant, est clairement pro-allaitement. L’OMS, les professionnels de santé, les magazines, les bloggueuses, vous disent tous que c’est le meilleur choix pour nos enfants, et je suis à peu près d’accord avec eux. Sur le fond.

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En plus, il faut le reconnaître, c’est vraiment beau. C’est la classe, quoi.

Car sur la forme, je fais partie de ces mamans qui ne se reconnaissent absolument pas dans l’allaitement.

Mon renoncement à l’allaitement n’est pas une non-position, une sorte de capitulation par défaut qui ne s’assumerait pas. Renoncer, c’est choisir. J’ai choisi de ne pas allaiter. Du moins la cadette et la benjamine. L’aînée, on a essayé de me faire croire que je voulais.

Loin de moi l’idée de jeter la pierre à celles qui allaitent, ni de faire du pro-biberon, non, je veux vous raconter ici pourquoi je n’ai pas allaité mes enfants, tout comme certaines vous racontent pourquoi elles l’ont fait.

On y va?

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